lundi 4 novembre 2013

L’homme à l’épine.

F.H.S. 2013

Bien connu « le tireur d’épine », des Grecs, des Romains d’abord puis des hommes de la Renaissance. Papes et rois s’arrachèrent le bronze du Capitole du 1er siècle, retrouvé lors de fouilles romaines. François 1er ne put en conserver qu’une copie que l’on voit dans la Galerie de la chasse à Fontainebleau au côté du Laocoon, une copie aussi et qui avec le Centaure, et le Torse du Belvédère constituent l’archétype de la sculpture antique qui revivifie la sculpture moderne.

Brunelleschi comme Ghiberti s’en inspirent dans leur représentation du sacrifice d’Isaac pour la Porte du Baptistère de St-Jean à Florence. L’un pour reprendre la thématique du tireur d’épine, Abraham se retire une épine dans le projet de Brunelleschi tandis que dans celui de Ghiberti, il se rafraîchit les pieds.

Faut-il mieux les rafraîchir ou retirer l’épine ? Il semble que cela soit une question de sensibilité. Et les fabricants de Laine, commanditaires de la fameuse porte, ont choisi le frais. Il est vrai qu’enlever l’épine quand elle est bien enfoncée, est une torture et pas toujours une délivrance. Sauf à la fin.

Au Louvre, on peut voir en ce moment tout ça, et notamment une version du tireur d’épine du 1er siècle en marbre du musée de Modène. C’est à y perdre son latin, car la sculpture authentique du Capitole est aussi du 1er siècle. Il faudrait des minutes notariées pour savoir quelle est l’originale et quelle est la copie.

Mais l’art de la copie n’est pas d’aujourd’hui. Le faux est monnaie courante depuis la plus haute antiquité voire depuis le néolithique. On copie les Maîtres, toujours dans le fol espoir de s’approprier leur savoir ou leur notoriété quand ce n’est pas leur bien.

Et les copies du Tireur d’épine se multiplient quand les rois s’en entichent. Tout le monde veut la sienne. Carpeaux au XIXème siècle fut un original : il préféra réaliser « une tireuse » d’épine » qu’on voyait, un temps, à l’entrée du musée Jacquemart-André. Question de sensibilité sans doute : la femme devenant le centre de la préoccupation dix-neuviémiste rococoïsante.

Tandis que début XXIème, F.H.S. nous propose un spécimen nouveau. Un homme à l’épine (2013) (Galerie du Montparnasse jusqu’au 29 octobre 2013) sans surface charnelle, non pas un écorché mais un personnage translucide en matériaux frustres, un grillage à poules et un papier plastique brillant d’emballage, qui peut renvoyer à la problématique freudienne qui nous domine depuis plus d’un siècle de l’introspection et à l’humanisme de la Renaissance « qu’est-ce que l’homme » ? dans un style décadent post-moderne de la récupération de tout : l’art, les détritus, le déchet, l’histoire, les idées, la philosophie, le tout avec un calibrage millimétré comme seules l’anthropométrie ou la zoométrie l’autorisent. Mauresk.

dimanche 3 novembre 2013

JACQUES OU JACOB
Je n'aime pas la peinture hollandaise...

OK de Rembrandt à van Gogh on ne peut pas tout jeter...mais on ne me fera pas croire qu'ILS (les peintres HOLLANDAIS) savent battre les blancs en neige.
Non, c'est de la peinture bourge et les bougres veules nous faire croire en un autre sens de leur décence...Moi ça me descend !

Alors parlons de Jordaens ! Gouleyants qu'ils disent! Est-ce possible quand on est buveur de bière ? Ils ne savent faire que des œufs durs ces Jacob, ces Frères Jacques. On dirait du OU DES Breughel en plan américain.

Alors évidemment ce qui séduit c'est que ça déménage ! Moi, je vous dis qu'en apparence ! Ça bouge ça se tortille ça pantagruélise mais nos Gargantuas hollandais manquent de panse ou de pensée. La fleur (j'entends), au fusil, au coin de la bouche avec les dents en touches de piano...

Un peu Fanfan la Tulipe, on a envie de prendre le pied à coulisse pour lui montrer ce qui ne va pas ce côté attrape-touriste, la Tour Eiffel en prime, lui apprendre la perspective, le point de fuite et le rétrécissement avec un peu de blanc pour éviter le côté blanc-bec de la peinture baroco.    
Un second couteau qu'on veut nous faire prendre pour un Pirandello ! Ça tangue et les flonflons du bal musette plaisent au populo. Alors pourquoi dire non puisque tout le monde dit oui.

                                                                                                                                                             Mauresk.

samedi 18 mai 2013

Boudin



Dagen dégaine contre Boudin

Il y a une mode Boudin et depuis quelques semaines un renversement de tendance. C’est Dagen qui a dégainé le premier dans Le Monde du 9 avril 2013. Sa charge contre Eugène Boudin est malencontreuse.

Certes l’exposition du Musée Jacquemart-André est ratée. Le musée, qui fait payer l’entrée très  cher, ne tient pas les promesses que l’on pouvait attendre d’une « Rétrospective » si vantée sur ses panneaux publicitaires. 

L’affiche de l’exposition, d’ailleurs, fait fuir d’emblée les foules : elle représente l’Inauguration du Casino de Deauville, tableau de Boudin dans un style pompier du Second Empire avec une caution pour la grande bourgeoisie parisienne et les clients de la peinture de chevalet. 

Boudin a du gagner sa vie et comme tout peintre de son époque a fait des concessions à la mode et aux attentes d’un public pas toujours féru d’avant-garde et de peinture (cf. Manet). Aussi, l’exposition du Boulevard Haussmann regorge de ces peintures qui ont souvent trouvé preneur à l’étranger et qui ont reçu, dans les normes commerciales du moment, « leurs deux couches de verni règlementaires » (ce qu’on appelle le « vernissage ») avant leur vente au plus offrant. 

Ce que n’a pas compris Dagen, c’est que ce n’est pas là le Boudin qui intéresse les amateurs d’art, les peintres et l’histoire de l’Art. Et effectivement on s’y ennuie : les ciels d’accord, les marines oui, les bords de l’eau pourquoi pas, mais comme m’a dit une Allemande : « C’est reposant » !

Le Boudin qui fait frémir, existe quand même dans l’exposition mais dans les interstices : quand Monet est confondu par Boudin dans ce « Clocher de Ste Catherine » peint sur bois et où la touche Boudin fait mouche. 

Mais surtout le vrai Boudin on le trouve quand il peint ses vaches en bord de mer (il y en a très peu dans l’expo et la copie des vaches de Paul Potter du Louvre est bien pâle), quand il peint des ciels mais sur des esquisses, petits papiers (malheureusement gâchés par des sous-verres qui tuent leur force), quand il peint ses amis Monet, Jongkind …sur des formats ridiculement petits, mais  alors il peint « juste et  touchant », des gréements à Etretat selon un angle tandis que Monet peint les lavandières sous l’autre angle (mais le conservateur n’ a pas pensé à associer les deux tableaux faute de moyens sans doute)!

Sa touche est alors délicate, précise et en même temps aérienne et flottante. Elle suggère et évite le bavardage et l’excès : elle est alors musicale et chantante, une musique française qui n’a rien à voir avec les Constable, Turner et Bonington que cite Dagen. 

C’est dans son jus qu’il faut voir Boudin. Dagen est peut-être sous influence, Boudin jamais !

                                                                                                                                                                F. Mauresk.

samedi 20 avril 2013



De l’Allemagne
Un faux débat ou un débat qui ne devrait pas être s’agissant d’Art et d’artistes.
Mais les expositions, aujourd’hui, veulent faire événement. Et, leur mise en scène ne doit rien au hasard évidemment.
A-t-on voulu de manière consciente ou inconsciente montrer ici les origines culturelles du nazisme ? Voulait-on une fois de plus, depuis la France, stipendier l’Allemagne et les Allemands ?
Contester leur rôle dans l’Art, les réduire à quelque réalisme allemand et  au naturalisme, voir dans l’Art  en Allemagne uniquement ce qui est allemand ?
Tout peut être dit des choix déterminés ou déterministes des commissaires de l’exposition du Louvre.
Car, bien sûr, l’Art c’est d’abord la culture. Et l’Artiste, c’est d’abord une conjoncture d’interactions d’un homme avec d’autres hommes.
Que les œuvres du 19ème siècle allemand aient la pré-science de ce qui va advenir en Allemagne. Pourquoi pas ?
Qu’elles nous fournissent des clés pour comprendre l’histoire et le présent. N’est-ce pas leur rôle ?
C’est là que l’on perçoit la grandeur de l’Art et de l’artiste, c’est-à-dire sa capacité à sentir, à voir, à percer ce que les autres vivent. Mais aussi par la forme de l’œuvre, son façonnement, révéler le sens commun des choses, quand l’œuvre s’expose aux regards du public.
Voilà pourquoi De l’Allemagne est d’abord un événement artistique. Et, c’est la grandeur de l’Allemagne d’avoir produit de tels artistes.
                                                                                                                  F.H.S., artiste peintre-sculpteur.
Publié par Mauresk.

dimanche 23 décembre 2012

desh

DESH
Pourquoi ai-je pleuré à l'issue de ce spectacle si peu dansé? Qu'est-ce qui dansait? Un homme? Un être? Un esprit?
Des choses peut-être! Comme ces rideaux pulsés par le geste du danseur et tournent comme des Derviches sur toute la hauteur de la scène. Des âmes, des cœurs, des palpitations...de se savoir si loin à l'autre bout du monde.
Irréconciliables à jamais, le père, le fils mais sont-ils faits pour se concilier? Le père n'est pas le fils mais le fils est bien du père.
Alors, la terre (DESH en bengali) : "viendras-tu la voir? Maintenant qu'elle est bien à nous!"
Akram préfère danser, descendre d'une chaise géante, s'asseoir sur celle de "petit ours".
Ne sommes-nous pas tous des petits ours?
Le téléphone, l'i-phone tout est fait pour communiquer.
Mais la communication ne passe pas.
                                                                               Mauresk.

mercredi 19 décembre 2012

Dali : le genre humain.



DALI : LE GENRE HUMAIN
Je ne l’attendais pas sur ce terrain-là et pourtant une fois dit, c’est évident : c’est la question du « genre » que pose l’exposition DALI à Beaubourg. Et c’est certainement ce qui en fait la modernité et l’actualité.
Sans arrêt, revient le thème de l’homme et de la femme, de leurs interactions, mais aussi de leur vie , chacun à part.
Et pour ce qui concerne Dali, ce qu’il voit et pense des femmes, comment il se situe par rapport à elles et vis-à-vis de sa sexualité.
La méthode « paranoïa-critique » prend tout son sens ici, mais la problématique du « genre »m’a été soufflée par le dessin intitulé « Paul et Gala », 1931 : Gala nue fait des fellations avec un plaisir non dissimulé à son mari le poète Paul Eluard. Or Dali est tombé « fou amoureux » de Gala lors de leur première rencontre à Figueras en 1929.
 Cette relation à trois m’a interrogé sur la sexualité de Dali : « impuissant » dit-on, comme tous les paranoïaques ? Comme Hitler qu’il dessine se masturbant ? D’autant que, presqu’en face de ce dessin, est exposé un portrait de Gala intitulé « monument impérial à la femme-enfant » peint en 1929 ! Qu’est-ce qu’une femme-enfant : une « Vierge » ?
Femme ou mère ? vierge et impuissant donc …comme tout son art obsessionnel du « genre » le montrerait. Sa femme « fatale » pour les uns, « enfant » pour lui est une « Gala en Léda », mère de deux couples de jumeaux, Castor et Pollux et Hélène et Clytemnestre a conduit Zeus à se transformer en Cygne. Est-ce un chant ? Un repère dans le monde déréalisé, sur-réalisé ?
 Lorsqu’il offre le château de Pubol (Gerone) à Gala, un contrat est établi entre eux selon lequel, il ne pourra l’y rejoindre que sur « autorisation écrite de la main de Gala » apprend-on ? Cette Gala, qu’il appelle « Gravida » en référence à Freud, est celle qui peut seule effectuer sa cure psychologique. Son thérapeute donc !
Dali, Don Quichote de la Peinture tourne sur lui-même, et n’est-ce pas lui les « montres molles », ce Narcisse qui tourne le dos à la Bacchanale pour se mirer dans un miroir ? Nouveau Léonard, « touche-à-tout », ingénieur de l’ère d’Hiroshima où tout est dé-nucléé, comme ses tableaux et pourquoi pas la relation homme-femme où les rôles seraient inversés, où l’actif est le passif, la femme portant les clés et le peintre un rêveur Vélasquez, Millet, Le Nain, Watteau…
et jamais un Picasso, qui avec sa longue cuiller ne conquiert que l’Enfer…
Aussi, le Dali extravaguant et psalmodiant un discours en boucle prend lui-même ici la figure de l’enfant, un enfant à la recherche d’une mère idéelle, une mère –enfant qui veut un monde sans violence, qui accepte l’autre, le différent, l’homosexuel, l’impuissant…
Quand Breton, Picasso se font sourds et cyniques, Dali cherche un Dieu sans sang, sans stigmates, sans mortifications, un corps beau comme la nature belle comme la plage de Cadaquès…                                                         Mauresk.

jeudi 13 décembre 2012

CHINATOWN



CHINATOWN de roman polanski

Drame dans le confort bourgeois de la société américaine des années trente. Personne n’échappe à son destin et surtout pas les héros de Chinatown. Nous n’avons que des rôles à jouer nous dit le cinéaste et lorsque nous brusquons les choses, tout nous échappe ou nous revient en boomerang dans la figure. 

Est-ce du Pirandello ? Des personnages en quête d’auteur où chacun cherche sa vérité ? La beauté et l’horreur, le thriller et la romance, nous cherchons un coupable mais de quoi, de quel crime ? 

Tous ces personnages ont une histoire et chacun s’emmêle dans ses secrets…il n’y a rien de sucré dans cette société avide de dollars où l’eau est un pactole, le sexe un exutoire. Le drame tourne en boucle comme des nouvelles d’un journal télévisé. 

Où les innocents sont exécutés !                                                                                                                  Mauresk.