Le « bougé » chez Gerhard Richter
L’art est obsédé par le mouvement, de Pygmalion rêvant de donner la vie à sa Galatée, à Gerhard Richter qui essaie dans les peintures qui l’ont fait connaître dans les années 60 de donner l’impression de la vitesse, du temps qui passe, en reproduisant à l’huile des photos floues.
Mais avec l’apparition du cinéma et l’envahissement des arts du mouvement que sont la TV ou la vidéo voire l’informatique, le défi devient presque insurmontable pour les arts graphiques traditionnels, la sculpture et bien évidemment la peinture.
Faut-il traduire le « bougé », comment le traduire, s’agit-il de saisir un instant ou grâce à la magie de la peinture inscrire tous ces défis dans le tableau. La réponse de G Richter est multiple.
Photos aériennes de villes détruites, toits de Paris inondés de lumière et simulant le passage des nuages, photos de Ferrari dont le mouvement est transmis par un frottage de la peinture qui fluidifie la matière, la rend presque gazeuse.
Cette technique est utilisée pour le « nu descendant un escalier » correspondance du même de Duchamp. Le « bougé » trouve son expression en jouant sur l’effet parallaxe, la superposition des champs, le « flou » que l’on qualifie souvent d’artistique mais qui vise au « vivant », au « vrai », au « mouvement ».
Chez Franz Hals, on trouve ainsi souvent une superposition de lèvres pour simuler l’oralité, chez Rembrandt on tend à l’impressionnisme tandis que dans les représentations de la Cène chez les Vénitiens (Titien, Véronèse, Tintoret…Bassano) on joue des expressions des différents personnages.
Le Caravage multiplie les points de vue pour faire naître chez le spectateur des impressions multiples et diffuses, noyant le poisson en quelque sorte, pour ne pas donner à sa peinture une interprétation unique.
Ainsi, dans la Madonna dei Palafrenieri (1621-1622) de la Villa Borghese à Rome, un serpent s’agite sous le pied de la Madone sur lequel repose le pied de l’enfant Jésus tandis que Sainte Anne pas du tout apitoyée regarde la scène. Tout est dit mais quoi ? Est-ce une scène biblique ou Michel Ange nous raconte-t-il sa propre histoire, voire une thématique que les critiques modernes appellerait psychanalytique, celle de la négation du mâle par la communauté des femmes : « matriarcal myth où Phallus » ?
Cette obsession pour le « bougé » dans les arts, évidemment trouve des opposants, les obsessionnels de la figuration, du « design », du parfait. Est-ce que ce sont deux écoles, deux méthodes, deux querelles ? L’une doit-elle l’emporter sur l’autre ?
Ne cherchant pas à résoudre cette problématique, Richter la détourne, la contourne, la conceptualise presque. PANORAMA, son exposition du centre Pompidou, joue sur le dédoublement, l’effet miroir, la multiplication des points de vue pour nous donner autre chose à voir, recomposer à partir de l’art de peindre, l’histoire contemporaine puis l’histoire de l’art voire son histoire personnelle.
Dans ses dessins et aquarelles exposés en parallèle au Louvre, nous retrouvons cette insistance de G.Richter pour créer le mouvement par le choix des techniques et par l’expérimentation.
Le tracé (Drawings II, III, IV, 2005, Fonds Howard Stone), les Encres, 2008, mais aussi les Motifs (eau, paysage, ciels) visent à donner l’impression de vibrer, de bouger. Ainsi en est-il de Ball et Balls, 1991 qui tourne sur elle-même ou se coursent l’une l’autre.
La superposition des encres joue sur l’effet volume, donne une perspective, rend l’impression d’un œil qui pénètre l’atmosphère d’une nouvelle planète et en perçoit comme par satellite une approche nouvelle (encre de chine sur papier, 1991,91/4).
En cela les expérimentations de des années 90-2000 ne rompent pas avec les premières expériences photographiques des années 60-70 (Elbe, 1957, Halifax, 1976, After abstract picture, 1976) comme on peut le voir à Beaubourg s’agissant de la Chaise vue de profil (1963) ou dans les vues du ciel (Nuages) ou dans les visions d’avions comme dans Escadrille.
Si bien que pour Richter tout est possible et, le peintre ne s’embarrasse pas des canons de l’art contemporain pour laisser libre cours à son expression. Ses dernières toiles s’inscrivent dans cette perspective. Elles semblent être un aboutissement de cette abstraction dans la peinture.
Elles rejoignent celles des nouvelles générations qui franchissent ce pas en même temps que lui.
Mauresk.
jeudi 23 août 2012
mardi 12 juin 2012
DEGAS
DEGAS
A mis longtemps pour émerger, se faire un nom, vendre. Il lui a fallu se débarrasser de ses oripeaux, de l’académisme, l’héritage d’Ingres, le beau dessin, les beaux-arts…Pour avancer, il lui a fallu innover dans les techniques, remettre en question les acquis ou prolonger des savoirs et des savoir-faire qu’il avait amorcés.
Sa curiosité aussi a fait la différence, a fini par payer : découvrir le nouveau Paris qui s’ébauchait sous ses yeux, des bas-fonds, des maisons closes, un environnement bouleversé par la modernisation avec son lot de marginaux.
Aussi sa mue n’est pas que graphique, technique, elle est aussi dans ses représentations de la société de son temps et les étonnements qu’elle provoque chez ses contemporains mais aussi chez lui-même.
Sur le plan pictural, Degas au départ formé à l’école classique pratique un dessin épuré, une ligne continue entoure ses motifs et ses formes, une ligne assurée ou la plus assurée possible.
Il passe progressivement à un dessin plus haché, plus brutal. Il s’aide pour cela de nouvelles pratiques comme le monotype qui l’amènent à essuyer, gratter, éponger, laver ses peintures ou ses encres.
Il est aussi un innovateur dans la couleur, n’hésite pas à les faire jurer comme ses verts crus de courses de chevaux ou des jaunes, des roses qui précèdent la mode fluo. Il mélange ses huiles avec de l’essence pour donner un ton plus mat à ses peintures comme on le voit en 1861 dans la « Guerre au Moyen-âge ».
« Ses petites paysannes se baignant dans la mer vers le soir… »(1867-1875 ?) sont un condensé de tout ça : grattage, frottage, essuyage, polissage…elles font immanquablement penser qui plus est à « Impression Soleil Levant » de Monet mais en mieux, plus intéressantes, plus avant-gardistes…
Mais le succès de Degas vient de ses thématiques quand à partir de 1886, à cinquante-deux ans, il s’expose à la Galerie Durand-Ruel par une « Suite de nus… » ou « nues » ( ?) disons nu€s…
La femme prise dans toutes les positions au bordel mais surtout au bain, un corps non pas « exposé » comme l’écrivent les commissaires de l’exposition mais plutôt « essuyé » dans tous les sens que pouvait donner Degas à ce mot quand il peignait ou dessinait.
Cette obsession pour l’essuyage de la femme à la sortie de quelque-chose et surtout du bain, nécessiterait une analyse à soi tout seul. Au point que nous pouvons nous demander si Degas ne se perd pas dans la répétition de ce motif.
Le plus drôle est certainement le tableau « Nu s’essuyant » du musée de Philadelphie (1899), qui clôt l’exposition du Musée d’Orsay. Pour s’essuyer le nu(e) là fait de telles contorsions qu’on se demande s’il ne s’agit pas plutôt de racler un parquet que d’essuyer un corps. Mauresk.
jeudi 7 juin 2012
Le Sphinx.
Le Sphinx.
Ils l'appellent "Le Labyrinthe des Pensées" mais il apparaît plutôt dans cette cour d'école des Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris comme un Sphinx.
Sorti des sables ou du béton parisien ? C'est difficile à savoir et puis tous ces petits pseudos drapeaux tibétains pourraient nous faire penser à un monument venu d'ailleurs d'un autre monde, du toit du monde.
Cette impression multiple est renforcée par le caractère polymorphe de la face à laquelle nous faisons face (justement) en arrivant : est-ce un visage de femme, ou d'homme, une Indienne disent certains ou un Bouddha, voire un Chaman avec sa mâchoire édentée, ses yeux exorbités...en tous les cas un personnage étrange auquel on prêterait bien des dispositions divinatoires. Serait-ce un hommage à Delphes et à Apollon, à la Nouvelle Pythie des Montparnassiens ?
Devant, tel un écoulement sacré, une langue pendante s'étale à nos pieds, sorti de la bouche un conglomérat d'objets hétéroclites : on y reconnaît une bouteille de whisky, le reste d'une roue (de la fortune ?), un aftershave sous pression, une bouée de Yacht, des milliers de petits morceaux de plastique multicolores et scintillants parce que délavés par la mer, le tout mélangé avec des posidonies plantes sous-marines qu'on ne trouve qu'en Méditerranée et qui constituent un marqueur de la pollution en mer.
Une multitude de restes d'une civilisation non pas perdue car c'est la nôtre ! La première civilisation dont on retrouve les restes archéologiques avant même qu'ils n'aient été ensevelis. En fait, une civilisation qui n'arrive plus à digérer ses déchets, ses excréments et qui nous les livre jetés par les flots sur les plages ou les rochers.
A côté les artistes ont mis en bouteille en plastique, des petits galets blancs, comme pour mettre au musée ce qu'ils ont pu sauver de l'écosystème en voie d'explosion : est-ce que ce sont les petits cailloux blancs du Petit Poucet, est-ce qu’ils ont pour mission de nous faire retrouver le bon chemin?
Mais le Labyrinthe des Pensées n’a pas encore livré tous ses secrets, et nous devinons déjà que derrière la face, la façade, il y a autre chose. Un envers du décor donc ! Car le front est éclaté et du crâne émergent des objets, des cylindres, des spirales, des œuvres d’art, des peintures, des traces, des hiéroglyphes ou des peintures rupestres ?
Qu’est-ce-donc que ce Labyrinthe ? Les restes de celui de Crête, l’antre du combat du Minotaure avec Thésée : y-a-t-il un fil d’Ariane pour nous guider ?
Il y a quelques jours, la tempête a soufflé dans la cour et le Labyrinthe a connu le naufrage : dépouillé, délesté de ses oripeaux…il est parti à la dérive…il n’en était pas moins beau…il anticipait seulement de quelques jours ce qu’il finira par être comme tout Cheval de Troie, un objet de conquête mais la prémonition aussi du désastre à venir…
Mauresk
lundi 21 mai 2012
ICONOCLASTE ICONOSTASE
ICONOCLASTE ICONOSTASE
DETRUIRE LES IMAGES EST UNE PASSION HUMAINE. POURQUOI ? CELA RESTE EN PARTIE UN MYSTERE. AUTODAFES LACERATIONS BARBOUILLAGES RENDRE INVISIBLE LE VISIBLE. COMME UN DEFI A NOTRE TEMPS, LA DESTRUCTION SIGNIFIE ELIMINATION APUREMENT PURIFICATION.
CROYANCE PERPETUELLE DEPUIS LA PLUS HAUTE ANTIQUITE QUE LA REPRESENTATION EST PROFANATION DE L’AUTRE DE L’ETRE DU MOI. LES SCULPTURES SONT DES IDOLES LES PEINTURES DES PERVERSIONS LA MUSIQUE MÊME UN CHANT DROIT VENU DE L’ENFER.
OBJETS DE FASCINATION ET DE REPULSION COMME SI LA METAPHORE ETAIT PLUS FORTE QUE LA REALITE REPRESENTEE LES ŒUVRES SONT PATIEMMENT DETRUITES. ET DES CIVILISATIONS NOUS N’HERITONS QUE DE LAMBEAUX DE MORCEAUX COMME D’UN PUZZLE TOUJOURS A ELUCIDER.
L’ART CONTEMPORAIN N’Y ECHAPPE PAS. FASCINE QU’IL EST PAR LA TRACE LE RESTE LE DECHET. LE RESIDU N’EST QUE LE MASQUE DE CE QUE NOUS SOMMES DE CE QUE NOUS LAISSONS DERRIERE NOUS ET QUE LES CIVILISATIONS SUIVANTES DECOUVRIRONT DE NOUS.
D’OU LE DEFI DE L’ART POUR L’ART POUR LEQUEL IL N’EST DE REGLE DE NORME POUR DEFINIR CE QUI FAIT ŒUVRE. ICONOSTASE ICONOCLASTE EN FAIT SON SYSTEME. SYSTEME OU POUR AFFIRMER SA FOI IL FAUT DETRUIRE CELLE DE L’AUTRE. DETRUIRE LES ICÔNES EST UNE PASSION HUMAINE.
MAURESK
ATELIER LES CUISINES CLOÎTRE DU LYCEE HENRI-IV A PARTIR DU 25 MAI 2012
vendredi 30 mars 2012
Helmut Newton : sont -elles humaines?
Helmut Newton : sont-elles humaines ?
Des femmes peintes ou plutôt photographiées en pied. Masques de femmes ! Mon lapsus du début le dit : plus peintes que photographiées.
Fiction de la femme proposée par H.N ! S’y reconnaissent-elles ? Oui.
Je pose la question à une d’entre elles. Et, elle n’hésite pas une seconde : « oui, je les trouve belles ».
Une fiction ! De la photographie ! Et donc, on peut y aller, transiger avec tout et faire semblant de briser les tabous.
Mais où est le sentiment, l’émotion, l’érotisme, l’attirance ?
Tout est PLASTIQUE, et loin de nous, de moi. La chaussure, le rouge à lèvres, les poses, les chiens, il n’y a pas de fantasmes chez Newton.
Pas de révolution copernicienne. Seulement de la photo de mode, et ses photos le disent aussi. Ses mannequins n’ont pas de nom. Juste une ligne de mode : « linea italiana ».
De l’ART ? Non ! De la photo à tirage pour l’industrie de la communication et des media.
Pourquoi ne pas l’avoir inséré dans l’expo d’à côté : « Paris Art, Art Fair » que j’appellerais plus honnêtement : « Paris Artfair ».
Mauresk.
La Sainte Anne et la Vierge aux Rochers.
C’est au bord du précipice que Vinci peint ses Vierges. Au sommet d’une montagne dans la Sainte Anne sur fond de chaîne montagneuse. Devant un rocher aux dimensions écrasantes avec une échappée vers le lointain dans la Vierge aux Rochers.
Nos femmes retiennent leurs enfants. Veillent sur eux comme sur la prunelle de leurs yeux. Montrent une humanité faite de douceur, de patience et d’attention.
Point d’hommes dans cet univers. L’ange est-il un homme ?
Mais le danger guette quand même. Tout est fragile. Tout risque de basculer. D’être blackboulé par des forces imprévues, plus telluriques que sociales.
Judicieusement rapprochées dans l’exposition du Louvre, ces deux merveilles éclatent au milieu de toutes les copies de l’Atelier ou des époques postérieures.
Le Maître est écrasant de finesse, de nuances, d’intelligence des couleurs du décor et du dessin.
Pourquoi choisir la montagne ? Pourquoi mettre les femmes en encorbellement ? La maternité n’est-elle qu’abîme ? Vinci nous interroge.
Mais, ça parle, ça émeut, ça enthousiasme. Mauresk.
Des femmes peintes ou plutôt photographiées en pied. Masques de femmes ! Mon lapsus du début le dit : plus peintes que photographiées.
Fiction de la femme proposée par H.N ! S’y reconnaissent-elles ? Oui.
Je pose la question à une d’entre elles. Et, elle n’hésite pas une seconde : « oui, je les trouve belles ».
Une fiction ! De la photographie ! Et donc, on peut y aller, transiger avec tout et faire semblant de briser les tabous.
Mais où est le sentiment, l’émotion, l’érotisme, l’attirance ?
Tout est PLASTIQUE, et loin de nous, de moi. La chaussure, le rouge à lèvres, les poses, les chiens, il n’y a pas de fantasmes chez Newton.
Pas de révolution copernicienne. Seulement de la photo de mode, et ses photos le disent aussi. Ses mannequins n’ont pas de nom. Juste une ligne de mode : « linea italiana ».
De l’ART ? Non ! De la photo à tirage pour l’industrie de la communication et des media.
Pourquoi ne pas l’avoir inséré dans l’expo d’à côté : « Paris Art, Art Fair » que j’appellerais plus honnêtement : « Paris Artfair ».
Mauresk.
La Sainte Anne et la Vierge aux Rochers.
C’est au bord du précipice que Vinci peint ses Vierges. Au sommet d’une montagne dans la Sainte Anne sur fond de chaîne montagneuse. Devant un rocher aux dimensions écrasantes avec une échappée vers le lointain dans la Vierge aux Rochers.
Nos femmes retiennent leurs enfants. Veillent sur eux comme sur la prunelle de leurs yeux. Montrent une humanité faite de douceur, de patience et d’attention.
Point d’hommes dans cet univers. L’ange est-il un homme ?
Mais le danger guette quand même. Tout est fragile. Tout risque de basculer. D’être blackboulé par des forces imprévues, plus telluriques que sociales.
Judicieusement rapprochées dans l’exposition du Louvre, ces deux merveilles éclatent au milieu de toutes les copies de l’Atelier ou des époques postérieures.
Le Maître est écrasant de finesse, de nuances, d’intelligence des couleurs du décor et du dessin.
Pourquoi choisir la montagne ? Pourquoi mettre les femmes en encorbellement ? La maternité n’est-elle qu’abîme ? Vinci nous interroge.
Mais, ça parle, ça émeut, ça enthousiasme. Mauresk.
dimanche 18 mars 2012
Matisse Tout Eclaircir
Matisse : tout éclaircir.
Pourquoi ainsi et pas autrement ? Que se passe-t-il quand je peins ? Est-ce ainsi qu’il faut faire ou comme ça ? Matisse essaie les formes, les couleurs, les aplats, les collages. Il fait et refait : une fois, deux fois, trois fois.
Toujours remettre l’ouvrage sur l’établi. Faire des séries pour voir ce qu’il se passe. En moi, quand je prends le crayon et que je teste cette couleur.
Mais n’est-ce qu’une question de forme ? N’est-ce qu’une question de couleur ? De pâte ? De papier ? De toile ? De quoi ?
Je vois, je sens, je suis. Quand je peins, je teste pour savoir jusqu’où je peux aller. Et puis tout étonné : c’est donc ça qui devait sortir.
La situation m’étouffe. Alors sortons de ce cercle infernal. Ouvrons la fenêtre, une porte de sortie. La peinture ne peut être seulement un éteignoir, un étouffoir. Un violon posé sur une chaise ou un violoniste qui joue fenêtre ouverte.
Qui que sont ces Marguerites ? Des Tournesols ? Des Iris ? Des Camélias ? Des Roses ? Ou Marguerite et Marguerite ? La Vraie et la Rêvée ?
Les couleurs sont des symboles et pour Matisse, le rouge c’est le Vide tandis que le jaune c’est l’Angoisse : le Verre à moitié plein ou à moitié vide, la Femme un Pot de Fleurs ?
Aussi, vite dans l’angle mort, coincer un tableau dans le tableau, une image folle dans un esprit fou, un rappel qu’il y a toujours une porte de sortie.
Faut-il donc préférer les Natures Mortes ? Tous ces fruits si gais, si tendre s, si frais ? Que sont-ils trépas, enfer, damnation ?
Aîe, aîe, aîe et s’il fallait revoir tout son Matisse. Recomposer toute la grammaire. Trouver un nouveau vocabulaire.
Me voilà décomposé. Bientôt putride, sentant la mort. Mauresk.
Centre Georges Pompidou jusqu’en juillet.
Pourquoi ainsi et pas autrement ? Que se passe-t-il quand je peins ? Est-ce ainsi qu’il faut faire ou comme ça ? Matisse essaie les formes, les couleurs, les aplats, les collages. Il fait et refait : une fois, deux fois, trois fois.
Toujours remettre l’ouvrage sur l’établi. Faire des séries pour voir ce qu’il se passe. En moi, quand je prends le crayon et que je teste cette couleur.
Mais n’est-ce qu’une question de forme ? N’est-ce qu’une question de couleur ? De pâte ? De papier ? De toile ? De quoi ?
Je vois, je sens, je suis. Quand je peins, je teste pour savoir jusqu’où je peux aller. Et puis tout étonné : c’est donc ça qui devait sortir.
La situation m’étouffe. Alors sortons de ce cercle infernal. Ouvrons la fenêtre, une porte de sortie. La peinture ne peut être seulement un éteignoir, un étouffoir. Un violon posé sur une chaise ou un violoniste qui joue fenêtre ouverte.
Qui que sont ces Marguerites ? Des Tournesols ? Des Iris ? Des Camélias ? Des Roses ? Ou Marguerite et Marguerite ? La Vraie et la Rêvée ?
Les couleurs sont des symboles et pour Matisse, le rouge c’est le Vide tandis que le jaune c’est l’Angoisse : le Verre à moitié plein ou à moitié vide, la Femme un Pot de Fleurs ?
Aussi, vite dans l’angle mort, coincer un tableau dans le tableau, une image folle dans un esprit fou, un rappel qu’il y a toujours une porte de sortie.
Faut-il donc préférer les Natures Mortes ? Tous ces fruits si gais, si tendre s, si frais ? Que sont-ils trépas, enfer, damnation ?
Aîe, aîe, aîe et s’il fallait revoir tout son Matisse. Recomposer toute la grammaire. Trouver un nouveau vocabulaire.
Me voilà décomposé. Bientôt putride, sentant la mort. Mauresk.
Centre Georges Pompidou jusqu’en juillet.
dimanche 4 mars 2012
A risques ou à rixes ?
A risque ou à rixes ?
Elle est là emmitouflée. Son bonnet enfoncé jusqu'aux oreilles. Un manteau enveloppant cachant ses formes. Dame pipi ou concierge, "Nulla Donna", gardant sa grotte, son antre, sa vérité sans doute.
Seules les ombres disent qu'il y a un autre sens à cet art trash, violent, sans concession. Des araignées prises dans l'étau de leurs filets, des faces venues d'outre-tombe, les spectres d'un Enfer que Dante n'imagina pas.
On circule dans le Couvent des Cordeliers comme dans un prétoire où chaque toile est un Avocat Général qui vous apostrophe, se fait accusateur : "Ah ! LE SOLEIL BRILLE SUR LE BOUL'MICH!"
"Regardez-vous en vous. Toutes ces noirceurs, cette tuyauterie immonde, cette vésicule biliaire !"
Est-ce le parallèle avec la galerie d'Anatomie de la bibliothèque de l'Ecole de Médecine voisine, nous ne sommes plus que des écorchés au milieu des écorchés de la vie.
Et Lydie Arickx nous parle de nos origines, du centre de la terre, des monstres sortis des mers, des combats inutiles contre les forces telluriques, de l'éternel retour dans les langes de sa mère comme si un jour il était possible de repasser l'Orifice, revenir dans ses entrailles nourricières.
Comme si le ciel bleu, le soleil, n'étaient que des zones de passage ! Que l'obscur, le sombre, le noir, étaient notre destin. Heureusement, aujourd'hui, il fait grand beau et sorti de ce tombeau, je traverse la Seine et non l'Achéron. J'ai rendez-vous avec Valérie pour aller "danser sa vie"!
Mauresk.
Lydie Arickx Couvent des Cordeliers, rue Racine jusqu’au 24 février 2012.
Elle est là emmitouflée. Son bonnet enfoncé jusqu'aux oreilles. Un manteau enveloppant cachant ses formes. Dame pipi ou concierge, "Nulla Donna", gardant sa grotte, son antre, sa vérité sans doute.
Seules les ombres disent qu'il y a un autre sens à cet art trash, violent, sans concession. Des araignées prises dans l'étau de leurs filets, des faces venues d'outre-tombe, les spectres d'un Enfer que Dante n'imagina pas.
On circule dans le Couvent des Cordeliers comme dans un prétoire où chaque toile est un Avocat Général qui vous apostrophe, se fait accusateur : "Ah ! LE SOLEIL BRILLE SUR LE BOUL'MICH!"
"Regardez-vous en vous. Toutes ces noirceurs, cette tuyauterie immonde, cette vésicule biliaire !"
Est-ce le parallèle avec la galerie d'Anatomie de la bibliothèque de l'Ecole de Médecine voisine, nous ne sommes plus que des écorchés au milieu des écorchés de la vie.
Et Lydie Arickx nous parle de nos origines, du centre de la terre, des monstres sortis des mers, des combats inutiles contre les forces telluriques, de l'éternel retour dans les langes de sa mère comme si un jour il était possible de repasser l'Orifice, revenir dans ses entrailles nourricières.
Comme si le ciel bleu, le soleil, n'étaient que des zones de passage ! Que l'obscur, le sombre, le noir, étaient notre destin. Heureusement, aujourd'hui, il fait grand beau et sorti de ce tombeau, je traverse la Seine et non l'Achéron. J'ai rendez-vous avec Valérie pour aller "danser sa vie"!
Mauresk.
Lydie Arickx Couvent des Cordeliers, rue Racine jusqu’au 24 février 2012.
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